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Dominique Joubert & Jean-François Floch dépistent plus de 15 cancers

Souvenez-vous, c’était au début du mois de mars dernier. Nous découvrions avec stupéfaction – au travers d’un document confidentiel issu d’une réunion scientifique de haut vol – le développement d’un nouveau test bouleversant le secteur de la recherche contre le cancer.

A l’origine de ce nouveau test : la découverte tout à fait inédite d’un nouveau biomarqueur, qui rendrait possible la détection de plusieurs types de cancers en un seul prélèvement, test appelé « cancerREAD LAB » (anciennement projet Decode Lab).

Boite Cancerread

Mais alors, en quoi consiste ce nouveau test et quel est ce fameux nouveau biomarqueur ?

Comment a-t-il pu être mis au point, et surtout, par qui ? Retour sur cette découverte scientifique qui s’annonce déjà plus que majeure dans le cadre de la course mondiale au dépistage précoce du cancer…

 

A l’origine de cette découverte, une chercheuse française : Dominique Joubert Floch

Née en Bretagne en 1951, Dominique Joubert Floch fait ses études à l’Université des Sciences de Rennes. La recherche est pour elle une véritable vocation. Tout de suite, dès l’âge de 14 ans, Dominique Joubert Floch sait qu’elle veut en faire son métier.

Elle s’oriente dans un premier temps vers les domaines des mathématiques et de la physique/chimie – et ce pendant 2 ans – avant de s’engager définitivement dans la voie de la biologie.

Elle rejoint en 1976 le laboratoire de Jean Raccadot à la Pitié-Salpétrière, période pendant laquelle elle effectuera un stage postdoctoral d’un peu plus de deux ans au Karolinska Institutet à Stockholm, en Suède.

Ce stage sera l’occasion pour la chercheuse de développer ses premiers travaux sur la prostate hyperplasique humaine.

Dominique Joubert Floch

De retour en France, Dominique Joubert Floch rejoint l’unité de recherche Inserm sur la physiopathologie de l’hypophyse et les altérations des tumeurs de cet organe.

Une étape particulièrement importante dans sa carrière. En effet, elle a enfin l’occasion de travailler directement avec des médecins, alors qu’elle travaillait jusqu’à présent uniquement en laboratoire.

Après un séjour aux côtés de Richard Weiner dans son laboratoire de San Francisco, pendant lequel Dominique Joubert Floch centre ses travaux sur la génération d’anticorps, elle rejoint le

Centre CNRS Inserm de Pharmacologie Endocrinologie de Montpellier en 1991. Particulièrement active aux côtés de ses confrères dans la vie scientifique montpelliéraine, elle crée au sein de l’Inserm une équipe dédiée à l’analyse des voies de signalisation de la cellule tumorale et créera même, plus tard, son département d’Oncologie.

L’ensemble de ces études et recherches qu’elle mène tout au long de ces années va former les bases de sa « fameuse » découverte et c’est ainsi qu’elle crée avec son mari Jean-François Floch, en 2007, l’entreprise de biotechnologies BioRéalités.

A travers cette nouvelle structure, elle se focalise sur le développement d’une thérapie contre le cancer – puis sur celui d’un nouveau test d’aide au dépistage précoce du cancer.

Elle quitte d’ailleurs définitivement son poste de directeur de recherche Inserm en 2011 pour se consacrer désormais uniquement à celui de Directrice scientifique du projet.

La découverte d’un nouveau biomarqueur capable de tout changer

Les travaux et les recherches effectués par Dominique Joubert Floch et son équipe leur permettent en réalité de découvrir un tout nouveau biomarqueur du cancer : il s’agit de la progastrine. Naturellement produite par certaines cellules de l’estomac, la progastrine « mature » pour devenir la « gastrine », une hormone nécessaire à la digestion.

Lorsqu’une tumeur fait son apparition, les cellules tumorales se mettent à sécréter elles-mêmes cette fameuse progastrine, qui devient alors détectable dans le sang. Indispensable au développement et à la survie des cellules à l’origine de la tumeur (appelées les « cellules souches cancéreuses »), elle agit alors en tant que véritable réacteur de cette dernière.

Dominique Joubert Floch

Elle devient une cible thérapeutique de choix lorsque Dominique Joubert Floch et son équipe profite du fait qu’elle est sécrétée à l’extérieur de la cellule en tant que telle.

Cette particularité rend donc potentiellement « neutralisables » ses propriétés oncogéniques à l’aide d’un anticorps spécifique, capable de piéger la progastrine dès sa sortie de la cellule.

Mais ce n’est pas tout ! L’équipe de recherche démontre également qu’il s’agit d’un biomarqueur « multi-cancer ».

La présence de progastrine est démontrée dans le sang de patients atteints d’une quinzaine de cancers différents (sein, foie, ovaires, utérus, entre autres). Encore une fois, il s‘agit d’une véritable innovation puisque la progastrine était jusqu’alors uniquement associée au cancer colorectal.

C’est ainsi qu’après trois années de recherche, un premier brevet déposé et plusieurs essais cliniques, un nouveau test allait pouvoir être développé, prenant une dimension d’autant plus importante.

Dominique Joubert Floch et son mari se démènent pour trouver des investisseurs et mettre en place l’industrialisation d’un test : le « cancerREAD », qui sera ensuite développé et commercialisé par la société ECS-Screening.

Ce test sanguin apparaît comme une véritable révolution ; il sera une aide très efficace pour le dépistage du cancer car il serait capable de détecter les cancers à un stade très précoce, avant l’apparition de tout symptôme.

Capable de détecter la progastrine dans le sang, cancerREAD est basé sur la technique ELISA, la plus utilisée pour détecter des biomarqueurs dans le sang.

Au-delà de ses propriétés liées à la détection de la maladie, cancerREAD se révèle aussi être un véritable outil de suivi pour le patient. En analysant la progression du cancer, il sera une aide pour l’oncologue lui permettant de suivre l’efficacité d’un traitement, non seulement pendant, mais aussi après la thérapie pour détecter une récidive éventuelle.

En dépistant de nombreux cancers avant même l’apparition des premiers symptômes – et donc à un stade très précoce face auquel les tests de dépistage actuels ne sont que trop peu efficaces – cancerREAD pourrait tout simplement réduire de façon considérable la mortalité par cancer au niveau mondial.

La question que tout le monde se pose désormais est de savoir si la détection de la progastrine pourrait, à terme, être finalement une arme pour repousser le cancer de façon efficace. C’est en tout cas la promesse qui semble être faite aujourd’hui !

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